Stefan Meierhans

Stefan Meierhans, occupe le poste de Surveillant des prix depuis le 1er octobre 2008.

Les prix dépendent aussi de ce que les consommateurs sont prêts à payer. Quelle est leur responsabilité?

Il est vrai que le prix que chacun paie dépend aussi du temps et de l’attention qu’il aura consacré à la recherche d’une meilleure affaire. Aujourd’hui, les consommateurs disposent de nombreux outils, notamment sur internet, afin de les aider à faire le bon choix. Il est important que nous ayons tous le réflexe de les utiliser.

En période de soldes, on a vu plusieurs personnes dénoncer publiquement des tentatives d’arnaques de grands magasins qui font semblant de baisser les prix. La pratique est-elle en augmentation?

La surveillance des soldes est du ressort des polices cantonales. Cela dit, la possibilité pour les consommateurs de dénoncer les agissements de certains commerces directement sur le web a responsabilisé les vendeurs. Les commerces ont compris qu’ils avaient désormais beaucoup plus à perdre qu’à gagner lorsqu’ils tentaient d’arnaquer ou de bluffer leurs clients.

Désormais, les consommateurs n'hésitent plus à dénoncer massivement certains agissements sur le web. C’est une excellente nouvelle! De même, le jeu de la concurrence s’est intensifié grâce aux comparateurs en ligne.

Mais, ces comparateurs sont-ils toujours fiables?

Non, il existe de faux comparateurs qui ne sont pas indépendants et qui n’ont été créés que pour orienter le consommateur vers une ou plusieurs marques. Il existe également un business des comparateurs qui prennent des commissions ou monétisent la visibilité auprès des marques. Pour ne pas se laisser piéger, il est plus sûr d’utiliser des plates-formes financées ou créées par des organisations de consommateurs reconnues ou directement par la Confédération.

La Suisse est-elle toujours trop chère?

Il ne faut pas faire de généralités. Le prix des médicaments est, par exemple, effectivement vraiment excessif dans notre pays. Ils font partie des prix que nous surveillons de près car leur évolution nous inquiète.

D’ailleurs, une partie des problèmes liés au financement de l’assurance-maladie est liée à ces prix trop élevés. Par contre, les prix des appareils électroniques sont globalement très avantageux dans notre pays.

Nous venons de fêter la première année du franc fort. Quel en a été l’effet sur les prix des produits vendus en Suisse?

Vous avez fêté vous? (Il rit). Blague à part, les prix des biens importés sont généralement descendus depuis une année. Même si quelques distributeurs ont tardé à répercuter la fluctuation du taux de change, la plupart ont fini par le faire.

Ce n’est pas le cas des magazines et autres produits d’édition, par contre. Naturellement, lorsque les consommateurs se rendent dans un pays frontalier avec leurs francs suisses, les prix sont toujours très intéressants. Mais ce n’est pas une solution sur le long terme pour l’économie helvétique, les prix suisses doivent baisser.