Souvent considérées comme trop chères et peu puissantes, les voitures au gaz naturel transportent leur lot de fantasmes et de mystères. Et pourtant, les ventes de véhicules au gaz naturel ont progressé de 32 % l’an dernier, alors que le marché automobile régressait de 6,7 %. «Cela prouve que cette technologie constitue une excellente alternative aux carburants dérivés du pétrole, en voie d’épuisement et dont les prix se sont envolés ces dernières années», explique Thierry Leutenegger, porte-parole de Gazmobile, une société fondée en 2002 pour promouvoir l’utilisation du gaz naturel comme carburant. 

Modèles identiques aux voitures classiques

Même si ces véhicules représentent encore un marché de niche en Suisse – environ 12 500 voitures sur les millions en circulation –, cette technologie a déjà fait ses preuves. Ces voitures n’ont rien à envier à leurs grands frères à essence. Il s’agit exactement des mêmes modèles, sauf qu’ils possèdent un moteur bicarburant, c’est-à-dire qu’ils peuvent aussi fonctionner à l’essence, afin de pouvoir rouler dans les régions où il est plus difficile de s’approvisionner en gaz naturel. 

40 % de CO2 en moins

Acheter une voiture au gaz, c’est faire un geste pour l’environnement. En se consumant, ce carburant ne produit ni oxyde de soufre, ni plomb et ne dégage pas de particules fines dans l’atmosphère. En Suisse, cette énergie est composée à 80 % de gaz naturel et à 20 % de biogaz, provenant des installations de valorisation des déchets. Ainsi, au total, le gaz naturel suisse diminue de 40 % les émissions de CO2. «Le gaz naturel est aussi acheminé par gazoducs, ce qui ne produit aucune pollution, contrairement à l’approvisionnement par camions-citernes», ajoute Thierry Leutenegger. 

Economies financières

Il est vrai que ces véhicules sont plus chers à l’achat: environ 3000 francs de plus pour un modèle de moyenne catégorie. Mais ce surcoût est très vite amorti. D’une part, grâce aux primes versées par les sociétés gazières, l’allégement de la taxe automobile accordée par certains cantons et la réduction du prix de la prime d’assurance. D’autre part, parce que le gaz naturel coûte moins cher que l’essence. Avec un prix moyen de 1.18 franc le litre équivalent essence, ce carburant représente une économie de plus de 30 % par rapport à l’essence.

Près de 140 points d’approvisionnement

Aujourd’hui, on peut faire le plein dans les stations de remplissage installées en ville et en moyenne tous les 15 kilomètres sur les axes principaux. Mais cela est plus compliqué lorsque l’on s’éloigne de la plaine. «Techniquement, il serait possible d’approvisionner les régions les plus reculées. Mais le prix serait exorbitant», conclut Thierry Leutenegger, qui pense que le réseau suisse atteindra 250 stations pour 30  000 véhicules d’ici 2020.  

Des constructeurs automobiles toujours plus innovants 

Les grandes marques ont bien compris l’intérêt de ce marché grandissant. Plus de 30 modèles sont aujourd’hui disponibles en Suisse. La VW Golf, voiture la plus vendue depuis 36 ans, est aussi proposée dans sa version gaz naturel/biogaz. De plus, des constructeurs comme Seat, Skoda, Lancia ou Audi proposent aussi depuis peu des versions à gaz naturel. Sur la route, ces véhicules sont aussi performants que les modèles classiques. «Les constructeurs ont fait beaucoup d’efforts pour réduire les différences de puissance, en particulier en proposant des moteurs turbo», précise Thierry Leutenegger. 

Certains modèles sont très novateurs. Equipée d’un moteur turbocompressé de 110 CV, l’Audi A3 Sportback g-tron affiche une autonomie totale de 1 300 kilomètres, dont 400 en mode écologique. En Allemagne, ce modèle est la première voiture à combustion entièrement neutre en CO2 qui peut rouler avec du carburant renouvelable. Lors de son achat, les clients participent à un programme de compensation qui garantit que la quantité de gaz naturel achetée à la station-service est réinjectée dans le réseau sous forme de biogaz produit au sein d’une des usines du constructeur allemand.