Comment motiver les Suisses à changer leurs habitudes polluantes au volant? 

M. A.: Dès la formation théorique du conducteur, il existe une partie consacrée à l’éco-conduite. C’est à nouveau le cas lors des cours de 2e phase puisqu’une demi-journée est dédiée à la conduite respectueuse de l’environnement. De plus, sur une base de volontariat, il existe de nombreux cours particuliers. Mais, à l’heure actuelle, ce sont surtout les institutions et les entreprises qui ont un sens de l’exemplarité ou le souci des économies de frais de déplacement qui y inscrivent leurs employés. 

L’un de vos chevaux de bataille est l’extinction du moteur lorsque le véhicule est à l’arrêt. Quelles économies sont ainsi possibles? 

M. A.: On estime ces économies aux alentours de 60 millions de litres de carburant en Suisse par année. Cela représente 115 à 145 mille tonnes de CO2 ou près de 110 millions de francs.

Mais lorsque l’arrêt est très court, n’est-il pas plus gourmand en énergie d’éteindre et rallumer le moteur?

A. K.: Le TCS a testé cette action de couper le moteur sur 10 types de véhicules différents. Les résultats sont clairs. Après cinq secondes, il est déjà plus économique d’éteindre le moteur que de le laisser allumé. 

Avez-vous l’impression que le grand public maîtrise suffisamment le fonctionnement technique d’un véhicule? 

M. A.: Non, le grand public n’a pas suivi l’évolution de la technique. Nombreux sont ceux qui pensent encore par exemple que la 6e vitesse n’est prévue que pour l’autoroute. De même, il existe une croyance populaire autour du fait qu’il faudrait pousser le moteur jusqu’à 3000 tours pour passer le rapport supérieur. C’est faux! Cela s’estompera avec le temps car les jeunes sont eux informés des détails du fonctionnement des moteurs d’aujourd’hui.

Avec des arrêts et des démarrages fréquents, le démarreur s’use-t-il plus rapidement? 

A. K.: Non! L’usure causée est totalement négligeable. 

Les voitures qui gèrent toutes seules le «START and STOP» présentent-elles une consommation beaucoup plus basse? 

A. K.: Les voitures avec un système «Start and Stop» automatique sont plus confortables à conduire car elles se chargent elles-mêmes de l’allumage et/ou de l’extinction du moteur en fonction des besoins du véhicule. De cette manière, la consommation totale de carburant diminue de manière conséquente. 

On entend qu’il est bon de faire chauffer le moteur de la voiture avant de partir…

A. K.: Non, ce n’est pas juste. Le moteur se chauffe mieux et plus vite si l’on adopte une conduite douce après le démarrage et qu’on ne monte pas dans les tours. 

En coupant le moteur, la climatisation ne fonctionnera plus. C’est tout de même handicapant en été, non? 

A. K.: Le temps d’attente moyen au feu rouge ne changera rien à la température du véhicule. Ce n’est donc pas une contrainte. 

Quel est le profil de celles et ceux qui s’inscrivent à vos cours? 

M. A.: Il est difficile d’établir un profil type mais ceux qui ne viennent pas par obligation sont principalement des gens qui ont une fibre écologique plus développée que la moyenne.

Quel est votre objectif avec cette campagne? 

M. A.: La mission que nous a confiée l’OFEN est de tout entreprendre pour promouvoir une conduite économique, et par conséquent, pour faire baisser la consommation de carburant et les émissions de CO2. De même, nous travaillons sur d’autres axes tels que les dameuses à neige, les tracteurs agricoles (150 millions de litres par an) ou les machines de chantiers.