Mauvaise isolation, chauffage et ventilation défectueux, facture conséquente? Vous vous êtes souvent posé la question: de quelle manière pourrais-je améliorer l’efficacité énergétique de mon habitat? Pour y répondre et faire le point sur ces questions, Christian von Düring, architecte EPFL nous éclaire sur ce sujet. L’intervenant dicte immédiatement son premier constat: il est difficile d’apporter une seule réponse car tout dépend de l’objectif et de la motivation de l’individu face à sa demande. De toute manière, pour bénéficier d’une efficacité réelle il faut commencer par supprimer toutes les consommations inutiles et ensuite rechercher la manière la plus performante de répondre aux besoins écologiques et économiques de chacun; à partir de là on adaptera les moyens pour gagner en confort et qualité de vie. Mais rentrons dans la matière, qu’est-ce que cela veut dire exactement?

Il s’agit en premier lieu d’évaluer précisément où se trouvent les déficits et quels sont les mesures à prendre pour agir: tout d’abord nous avons à portée de main une multitude de mesures peu onéreuses qui permettent d’économiser de l’énergie, par exemple poursuit l’architecte, avant de passer à un diagnostic minutieux d’un bâtiment, à savoir s’il s’agit de neuf ou de rénové, nous pouvons exécuter des gestes qui permettront d’utiliser au mieux l’énergie au quotidien, chez soi, car tous les usages peuvent être améliorés.

Un exemple banal: éviter de faire fonctionner la machine à laver et le lave-vaisselle lorsqu’ils sont à demi pleins, opter pour des appareils plus performants en fonction de leur label (de préférence favoriser A+ à A+++), choisir des lampes à basse consommation et des ampoules économiques en favorisant le tube fluorescent ou tout simplement le néon. Ou encore évitez la surchauffe en baissant la température de vos radiateurs; enfiler un pull sera une meilleure solution plutôt que de monter le chauffage de quelques degrés, de cette façon vous contribuerez à l’amélioration de votre habitat.

Si nous allons un peu plus en détail dans l’élaboration du diagnostic d’un habitat, continue l’architecte, on s’apercevra qu’il reste d’autres interventions plus profondes qui devront dès lors être effectuées sur le gros de l’œuvre. Quels sont dans ce cas les paramètres à prendre en compte? Pour ne citer que les quatre principaux, il s’agit de l’isolation du bâtiment (sols, murs extérieurs, toit) qui diminuera significativement les déperditions. Il est vrai qu’un logement mal isolé perdra effectivement une grande quantité d’énergie. De même, il ne faut pas négliger les fenêtres qui jouent un rôle important (contrôle et qualité des vitrages et des cadres) mais aussi la révision de la chaudière et de la ventilation; dans ce dernier cas, si des travaux sont effectués, on privilégiera une aération naturelle!

Ces actions auront-elles finalement des retombées positives? Oui, affirme M. von Düring, en créant des habitudes, on pourra sur le long terme économiser et améliorer la qualité de son habitat. En fait, nous consommons de plus en plus d’énergie; la consommation mondiale a progressé d’environ 5,5 % en 2010, par conséquent, l’épuisement des ressources fossiles ou naturelles fait que les coûts vont naturellement augmenter, c’est pourquoi nous devons nous tourner vers les énergies renouvelables. Finalement, pour améliorer un habitat, doit-on miser sur les nouvelles technologies?  Elles sont nécessaires mais il ne s’agit pas d’installer des mini-éoliennes ou des panneaux solaires sur chaque maison. Par contre, il faut favoriser les solutions passives et profiter des ressources locales. Aujourd’hui encore beaucoup d’interventions de transformation se font grâce à l’expérience de nos aînés et du bon sens.