Quelle est la différence entre l’endettement et le surendettement?

Contracter des dettes suppose d’avoir les moyens de les rembourser en tenant compte des intérêts. Mais il arrive que le contexte change, par exemple avec une baisse des revenus ou des dépenses imprévues, et que revenu mensuel net ne suffise pas à honorer ses dettes. On parle alors de situation de surendettement.

Comment prévenir efficacement le surendettement?

Il est essentiel d’apprendre à établir un budget. Cela implique des compétences et de la discipline. Remplir sa déclaration fiscale correctement et dans les temps, anticiper les montants nécessaires pour payer ses impôts et ses assurances, savoir économiser, sont autant de points à observer.

Le CSP s’engage pour transmettre ces compétences aux jeunes. Les statistiques sont malheureusement formelles: les situations de surendettement débutent majoritairement avant l’âge de 25 ans.

Quel doit être le premier réflexe quand on commence à perdre le contrôle de ses dettes?

Nos statistiques montrent que les gens attendent trop longtemps avant de demander conseil. L’endettement est une spirale négative qui exige de prendre rapidement les choses en mains.

Il faut se méfier des fausses bonnes idées, comme les regroupements de crédits. Les instituts qui les proposent jouent parfois sur la détresse et l’envie de simplification de leurs clients.

Mais ils ne font que rajouter des charges et aggraver la problématique. Le premier réflexe doit donc être d’aller consulter des spécialistes du désendettement.

Ensuite, quelles sont les solutions concrètes?

Il faut d’abord dégager, avec l’appui de professionnels du domaine social spécialisé dans l’assainissement de dette, une vision d’ensemble du budget et de l’état des dettes. Il arrive qu’à cette étape on puisse demander une aide financière ou un subside.

Rien ne sert de tenter de rembourser des crédits si l’on n’a pas le minimum vital pour vivre. Il faut ensuite établir une liste des créanciers avec le détail de chaque situation.

C’est un travail qui demande beaucoup de méthode et de recul. Enfin, les créanciers sont contactés pour négocier un sursis ou un arrangement, dans le cadre du budget qui a été dressé. Les professionnels du CSP engagent alors leur crédibilité. Pas question de prendre du retard dans les remboursements. Le plan d’assainissement doit être respecté à la lettre.

Quels conseils donnez-vous pendant la procédure de désendettement?

Il est important de privilégier le rattrapage des charges courantes, telles que le loyer et les primes maladie. Pour le reste, vouloir rembourser trop vite ou trop à la fois pour contenter des créanciers insistants risque de provoquer de nouvelles dettes.

Là aussi, un conseil professionnel est important. Enfin, il faut éviter les pièges des cartes de crédit et des avances sur salaire. Parfois, il n’y a pas d’autre alternative que de laisser les dettes aller aux poursuites en cas d’impossibilité de paiement.

Une prise en charge psychologique est-elle nécessaire pour sortir du surendettement?
Un accompagnement psychosocial est indispensable. Dans les cas de surendettement liés à une addiction, un suivi psychologique spécifique est également nécessaire pour s’en sortir durablement.

Il arrive en effet que les dettes soient contractées consécutivement à une addiction ou, à l’inverse, qu’elles soient à l’origine de situations de dépendance. C’est le cas par exemple des personnes qui fréquentent assidûment des casinos avec l’espoir de se refaire.