Lorsque vous arrivez à la retraite, le 1er et le 2e pilier constituent vos revenus principaux. Mais ceux-ci couvrent 60% de vos anciens revenus, il faut donc les compléter avec un 3e pilier pour conserver le même niveau de vie que pendant votre vie d’actif.

Avec le 3e pilier, vous vous constituez un capital garanti pour la retraite. Vous touchez ce dernier à l’âge de la retraite. En matière de troisième pilier, la solution la plus souvent proposée est ce qu’on appelle le «pilier 3a». Il offre des avantages fiscaux importants, mais il est très contraignant. D’où son nom de prévoyance liée.

Avec le 3e pilier, vous vous constituez un capital garanti pour la retraite

Dans une banque, en revanche, il n’y a pas de capital garanti au terme du contrat. Par contre, les versements se font au fur et à mesure, à la guise du client.

Il est également possible de déduire les virements, jusqu’à une certaine limite. Cette année, vous pouvez verser 6'768 francs maximum sur votre compte de pilier 3a que vous déduirez.

Les indépendants qui ne sont pas affiliés à une institution de prévoyance professionnelle peuvent verser 20% de leur revenu net, mais au maximum 33'840 francs. Les époux et partenaires enregistrés exerçant tous deux une activité lucrative et cotisant à une caisse de pension peuvent faire valoir individuellement les déductions d’impôt.

3e pilier, une première brique

En plus de vous garantir un revenu à la retraite, vous pouvez utiliser votre 3e pilier pour l’achat de votre résidence principale. Ce prêt nécessite un montage spécifique et fait intervenir deux acteurs: la banque et la compagnie d’assurance.

La banque vous prête le capital, vous lui remboursez uniquement les intérêts. Vous versez la partie du capital sur un 3e pilier 3a à souscrire auprès de votre courtier, qui représente la compagnie d’assurance. La banque viendra chercher, au final, le capital ainsi constitué.

Après avoir élaboré votre budget et déterminé le coût supportable de votre futur achat, il s’agit de constituer vos fonds propres, qui devront correspondre au minimum à 20% du prix de votre projet immobilier. Les fonds propres peuvent provenir de vos liquidités disponibles, de vos 2e et 3e piliers.

Il n’est pas évident aujourd’hui, avec la hausse du prix de l’immobilier parallèlement à la hausse des garanties en fonds propres nécessaires, de trouver cette somme. D’où l’intérêt de prendre de l’avance en cotisant dans un système de prévoyance de type 3e pilier.

Si le pire devait arriver

Lorsque vous souscrivez à un 3e pilier, vous protégez votre famille. En effet, le capital prévu au contrat sert de capital décès pour vos proches, et sera versé aux bénéficiaires hors frais de succession. Les bénéficiaires sont nommés par la loi pour le 3e pilier lié; ils sont, par contre, libres pour le 3e pilier libre.

De même, l’assurance du 3e pilier lié permet d’être libéré du paiement des primes en cas d’invalidité. Pourtant, on continuera de cotiser et de s’assurer une retraite agréable.

Bien gérer son 3e pilier

Les professionnels de la finance ou des impôts le savent, il ne faut jamais retirer l’avoir de vieillesse de son 2e pilier en même temps que le versement de fonds issus du 3e pilier lié.

En effet, ces deux sources de revenus sont soumises au même impôt séparé sur le revenu. L’étalement des retraits permet à nouveau de réduire l’effet de la progressivité de l’impôt. De même, les rachats dans son institution de prévoyance doivent être étalés dans le temps, sur plusieurs années.

Ce qui permet, dans la même logique, de casser la progressivité fiscale et de maximiser l’impact des déductions sur l’impôt à payer. Enfin, il est possible de procéder à des amortissements indirects de sa dette hypothécaire via un 3e pilier lié, en profitant non seulement des déductions fiscales sur les cotisations versées, mais aussi grâce à la déductibilité des intérêts débiteurs sur le revenu imposable.

Pour optimiser cette solution, il faut procéder à des amortissements directs partiels tous les cinq ans, comme la loi l’y autorise.