Est-ce le bon moment pour investir dans l’immobilier?

Oui, c’est une période plutôt favorable. Les taux hypothécaires sont particulièrement bas et ils devraient le rester. Le taux hypothécaire de référence demeure à 1,75% et il pourrait reculer à 1,50% d’ici le mois de juin ou le mois de septembre 2017, c’est donc un bon signe pour les investisseurs.

Actuellement, lors de l’achat d’un bien immobilier, il est facile de bloquer les taux hypothécaires pendant une dizaine d’années, ce qui est bien sûr une bonne chose. Il faut cependant prendre en considération l’investissement de rendement qui est une pratique très courante en Suisse.

 L’immobilier reste toujours un moyen sûr pour placer son argent à long terme

En effet, des institutionnels, des assurances, des caisses de pension ou des fonds de placement privilégient beaucoup cette pratique car l’immobilier est devenu une valeur refuge, mais les niveaux de rendement sont relativement bas.

Ce type d’investissement n’est pas approprié et ne doit pas être à tout prix recherché pour le particulier qui souhaite investir à court terme. Aujourd’hui, il ne faut pas s’attendre, en plaçant son argent dans la pierre, à des rendements extraordinaires.

Cela étant dit, dans un contexte de pénurie de l’offre immobilière, l’immobilier reste toujours un moyen sûr pour placer son argent à long terme. En résumé, la question de savoir s’il s’agit d’acheter un bien immobilier pour le mettre en location ou y habiter dépendra de savoir où et comment placer son argent et ses économies.  
 
Est-il préférable d’acheter ou de louer?

C’est une question de philosophie. Le fait d’acheter, c’est d’être totalement maître de son habitat. Un propriétaire jouit d’une quasi totale liberté. Il pourra décider d’acheter, de vendre, de modifier son logement ou de déménager.

Cependant, le propriétaire doit aussi être prêt à emprunter de l’argent en prenant le risque que les prix baissent ou augmentent, et en assumer les conséquences. Pour les locataires, les droits ne sont pas les mêmes car ils paient un loyer pour l’usage d’un logement.

Un locataire qui n’est plus satisfait du bien loué, par exemple à cause d’une augmentation de son loyer, peut déménager. Ces trente dernières années, ceux qui sont devenus propriétaires sont largement bénéficiaires, car les biens immobiliers ont pris beaucoup de valeur.

Il vaudrait mieux favoriser l’accession à la propriété plutôt que la construction de logements à loyers bon marché qui coûtent au final très cher et qui créent des distorsions sur le marché avec des avantages qui resteront inaccessibles à toute une partie de la population.
 
La législation actuelle est-elle favorable à l’immobilier en Suisse?

Il faudrait un peu plus l’assouplir car certaines lois freinent le développement du marché. La Suisse connaît depuis plusieurs années un problème de production de logements qui est lié à la prospérité économique de notre pays. Cette prospérité a engendré une forte immigration.

Cette incapacité à produire plus de logements est due notamment à une législation très contraignante. La loi fédérale sur l’aménagement du territoire (LAT) a été modifiée pour limiter les constructions dans les zones périphériques et augmenter le nombre d’habitats en zones urbaines.

Dans un premier temps, il peut être intéressant de recentrer la population autour des villes et de limiter les besoins en surfaces et de rationaliser les transports. Cependant, la densité ne doit pas provoquer une insatisfaction des occupants des zones urbaines. En effet, afin de regrouper beaucoup de personnes dans une zone restreinte, de gros complexes sont forcément construits.

Une telle pratique était fréquente dans les années 60 et 70 mais assez vite les gens n’ont plus voulu de ce type de logements car ils ne répondaient plus aux exigences de confort. Quand on construit de manière très dense, cela a forcément un impact sur la qualité de vie. Un autre exemple est la nouvelle loi vaudoise sur la préservation et la promotion du parc locatif (LPPPL) qui est censée protéger le parc locatif.

Au vu des contraintes de rendement qu’elle va imposer et des outils contraignants, tels que le droit de préemption qu’elle propose, les investisseurs devront prendre de plus en plus de risques. Certains outils de cette loi devront être appliqués avec retenue afin de ne pas décourager les investissements dans la pierre. La clé de succès du marché de l’immobilier réside dans son attractivité, il faut donc la préserver.