Quelle est la tendance aujourd’hui en matière de gestion d’investissement?

La tendance est assez complexe, car pendant des années, quand on connaissait une société, ses chiffres, ses perspectives et son analyse financière, on pouvait estimer l’évolution future de l’action ou la valeur de la société ou, du moins, en cerner les risques.

Depuis quelques années, on est entré dans un monde où les leviers qui jouent sur la valeur d’une société et qui font bouger les marchés sont beaucoup plus irrationnels. Une simple déclaration politique peut, en quelques minutes, faire la pluie et le beau temps sur les marchés.

Le gérant indépendant a une toute autre approche, il ne vend pas de produits, il conseille!

Les derniers exemples en date sont les tweets de Donald Trump qui, tour à tour, euphorisent ou catastrophent les bourses. Aujourd’hui, une action peut ainsi dégringoler même si tous ses voyants économiques et financiers sont au vert.

Avec une volatilité permanente, la gestion de patrimoine est donc devenue un exercice à long terme. Une des solutions proposées par le monde de la finance pour répondre à cet environnement sont les fonds de placement. L’une des idées des fonds de placement est d’offrir une meilleure diversification du portefeuille même pour les petits avoirs et de leur permettre de bénéficier de stratégies réservées à des volumes plus grands.

Le danger de ces fonds, c’est qu’ils rendent la gestion accessible au plus grand nombre sans offrir les conseils personnalisés qui devraient les accompagner. On donne accès à un produit complexe à une clientèle qui n’a bien souvent ni les connaissances pour en appréhender les risques, ni les moyens de faire face en cas de perte. C’est un peu comme si vous proposiez à un nouveau conducteur une formule 1 au prix d’une Golf. Sans être correctement entouré, il risque de s’écraser au premier virage.
 
Faut-il donc être méfiants vis-à-vis de certains produits?
Oui, car aujourd’hui le consommateur est extrêmement sollicité. En permanence, il reçoit de sa banque ou de ses assurances des multitudes d’offres, il est inondé de propositions pour placer son argent. Or, tous ces produits peuvent potentiellement faire perdre de l’argent.

C’est assez inquiétant de voir que la finance se vend de plus en plus comme des petits pains alors que ce sont des produits très complexes parfois. Il faut mettre en garde le consommateur contre ces recettes toutes faites qui sont proposées sans vérification de leur adéquation avec les objectifs et besoins du client.

C’est une dérive dangereuse car l’interlocuteur que l’on croit être un conseiller, comme son banquier ou son assureur, est devenu dans certains cas un distributeur de produits financiers. Ce n’est donc plus du conseil mais de la vente.
 
En quoi un gestionnaire indépendant peut-il faire la différence?

Le gérant indépendant a une toute autre approche, il ne vend pas de produits, il conseille! Il fonctionne comme toutes les professions libérales sous mandat avec leurs clients: «Tu travailles pour moi et je te paie pour tes services.» Comme votre avocat ou votre docteur.

La différence entre un gestionnaire employé par une banque et un indépendant peut se résumer ainsi: avec la banque, le gérant vous vend ce qu’il a en magasin. Avec un gérant indépendant, c’est lui qui va au marché faire vos courses à votre place et qui prend le temps de choisir pour vous dans la multitude d’étalages les meilleurs produits. Il va choisir ce qui est le plus adapté en fonction de l’argent à placer, du patrimoine et des risques que l’on souhaite prendre ou ne pas prendre.

Comme votre médecin, ce n’est qu’après avoir établi avec vous un véritable diagnostic qu’il vous propose un traitement. Alors que dans le portefeuille créé par la banque, il y aura forcément essentiellement des produits de sa marque, celui du gérant sera du sur-mesure. Le coût de ce service n’est pas plus cher et il jouit des mêmes protections légales.

Alors que les tarifs des banques sont dictés, les honoraires du gérant sont négociés en fonction de l’étendue du mandat. Quant aux avoirs, ils restent déposés dans la banque de choix du client. Se tourner vers un gestionnaire indépendant, c’est avant tout une opération de partenaire à partenaire.