L’Institut Informatique de Gestion de la Haute Ecole de Gestion (HES-SO / Valais-Wallis) au Techno-Pôle de Sierre vient de mettre au point, un outil informatique qui optimise l’utilisation de l’énergie solaire pour plusieurs bâtiments, à l’échelle d’un quartier, et le différencie des systèmes d’auto-consommation isolés que l’on trouve sur le marché. Le professeur Wannier, responsable de la filière informatique de gestion, nous en dit plus.

Quelle est précisément l’utilité du logiciel mis au point?

Il permet de gérer un système complexe qui intègre la production des panneaux solaires photovoltaïques, un réseau d’alimentation d’un ou plusieurs bâtiments et une batterie Leclanché de nouvelle technologie (lithium-titanate) qui stocke l’énergie en attendant qu’elle soit consommée. Celuici va donc comprendre comment l’énergie est utilisée au fil des journées et de la semaine, prendre en compte les variations futures de la météo, les activités prévues dans les bâtiments pour anticiper toutes les actions nécessaires, dont le stockage dans la batterie par exemple.

Quelles étaient les difficultés rencontrées?

Les principaux défis étaient de mettre au point ce logiciel capable d’intégrer de très nombreuses variables de manière instantanée afin d’optimiser ensuite l’approvisionnement énergétique. Il s’agissait de pouvoir non seulement le calculer plusieurs fois dans la journée, mais également sur plusieurs jours en cas de mauvais temps prolongé.

 

 

 

En quoi est-ce une innovationqui marquera le secteur?

Un tel système informatique de gestion d’un microgrid n’existe pas encore et permettra de rendre l’utilisation de l’énergie solaire plus attractive et davantage fiable, surtout pour des entreprises. Il y aura donc un véritable et positif sur la stratégie énergétique helvétique puisque le marché est demandeur de ce genre de solutions. C’est d’ailleurs pour cela que l’Institut Informatique de gestion s’intéresse au sujet de la gestion des flux de l’énergie (E-Energy), ainsi qu’aux nouvelles technologies médicales (E-Health) et à la digitalisation des services de l’administration publique (E-Government).

Ce schéma explicatif présente le fonctionnement du microgrid et de quelle façon la production énergétique peut être contrôlée grâce à l'outil informatique. PHOTO: IIG, HES-SO Valais

La commercialisation est-elle proche?

Oui puisque nous travaillons, au sein des HES-SO, précisément sur des projets rapidement implantables dans le monde réel. Nous l’avons déjà testé au Techno-Pôle avec différents types de bâtiments incluant un restaurant. D’ici peu de temps, nous pourrons imaginer l’implanter dans des entreprises, des quartiers voire même des villas individuelles puisque des batteries adaptées sont également commercialisées.

Et quelles autres améliorations pourrait-on imaginer ensuite?

Aujourd’hui, le logiciel pilote le stockage et la décharge de la batterie mais sera bientôt capable de piloter certains appareils consommateurs de courant dans le bâtiment grâce à l’internet des objets (IoT). Des projets d’analyse des signatures électriques des appareils sont également en phase finale au Techno-Pôle de Sierre et il sera ainsi possible de détecter automatiquement les différents consommateurs et déplacer le moment de charge de certains appareils en fonction des données précédemment citées. C’est alors l’optimisation énergique globale qui commence à l’échelle d’un quartier (microgrid), qui s’effectue de manière parfaitement coordonnée avec le niveau régional (smartgrid). Les résultats ainsi envisageables promettent d’être impressionnants.