Le Conseil fédéral souhaite sortir du nucléaire d’ici à 2034. Quelle est votre analyse?

C’est un objectif ambitieux. On ne se passe pas du nucléaire du jour au lendemain: cette énergie représente 37% de l’électricité produite en Suisse. Pour y arriver, notre pays devra massivement augmenter sa production d’énergies renouvelables.

Selon vous, quelles sont les difficultés?

« Nos choix influenceront l’avenir énergétique de la Suisse»

Il est aujourd’hui difficile d’obtenir des permis de construire, pour implanter, par exemple, des éoliennes dans des zones habitées, en raison de l’opposition d’une partie de la population. Améliorer l’efficience énergétique des bâtiments existants prend du temps et coûte cher aux propriétaires, malgré les subventions.

Quelle place doit prendre le consommateur?

Ses choix influenceront l’avenir énergétique de la Suisse. Le consommateur doit s’interroger sur sa mobilité et sa consommation quotidienne. Dois-je aller au travail en voiture ou en train? Est-ce possible de gaspiller moins de nourriture? Il ne s’agit pas seulement d’un problème d’électricité. Il faut élargir la discussion.

Quel rôle peut jouer l’innovation?

A l’avenir, beaucoup de maisons produiront de l’électricité de manière autonome. L’installation de panneaux photovoltaïques sur le toit permet déjà de produire de l’eau chaude sanitaire, de vous chauffer ou de faire fonctionner votre voiture électrique. Mais les batteries, qui stockent l’énergie, sont chères et pas encore suffisamment performantes. Cette situation devrait s’améliorer ces prochaines années.