Elle a été amorcée par des chefs d’entreprise courageux qui ont misé depuis déjà plusieurs années sur l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables que ce soit dans le bois, le solaire, l’éolien, la biomasse, les pompes à chaleur ou l’hydraulique.

Aujourd’hui, investir dans ce secteur, tant comme consommateur que comme producteur, est une source directe de création de valeur qui requiert une approche stratégique et entrepreneuriale: «Les nouvelles solutions énergétiques permettent des gains financiers que les bénéficiaires n’imaginent pas» a récemment déclaré lors d’un forum, Philippe Durr, directeur commercial de Romande Energie. 

Sans compter que la société devra payer un jour la vraie facture du nucléaire. L’ingénieur Charles Weinmann, dont le rapport a servi à l’élaboration de la nouvelle loi vaudoise sur l’énergie, estime que, selon la méthode de calcul choisie, le coût réel de l’énergie nucléaire est entre deux et douze fois plus cher que celui des énergies renouvelables.

 

Pas un mythe, une réalité

La transition énergétique n’est pas un mythe mais bien une réalité, un instrument de notre prospérité, une solution avant d’être un problème : l’efficacité énergétique permet à la fois de ne pas épuiser les ressources et représente un intérêt économique autant pour les entreprises qui bénéficient des progrès technologiques que pour celles qui fournissent de nouvelles solutions.

Une forte production d’énergie indigène permet également de renforcer notre indépendance vis-à-vis des livraisons en provenance de l’étranger et d’être plus concurrentiel sur le marché mondial. Un approvisionnement en énergie décentralisé profite non pas aux grands groupes, mais avant tout aux entreprises locales. Plutôt que d’importer une technologie coûteuse des centrales nucléaires n’est-il pas plus judicieux de faire travailler des bureaux de planification et des installateurs de la région, avec à la clé la création d’emplois locaux ?

 

Bâtiments à bilan énergétique positif

Les énergies fossiles et nucléaires ont pu nous sembler disponibles à profusion et nous nous sommes crus autorisés à la gaspiller. Mais aujourd’hui, nous sommes capables de construire des maisons qui produisent plus d’énergie qu’elles n’en dépensent, pourquoi ne pas en profiter ? Ce bilan positif s’applique également au secteur industriel. Et pour y arriver, il n’est pas nécessaire de construire du neuf, même un assainissement peut aboutir à une maison à bilan énergétique positif. La technologie est disponible, à portée de main, elle permet de réaliser des économies substantielles. Il suffit d’y réfléchir.

Deux exemples concrets : l’Umwelt Arena à Spreitenbach a été dotée de la plus grande installation solaire intégrée en toiture en Suisse. Elle génère 540’000 kWh/an d’électricité solaire, auxquels s’ajoutent 68’700 kWh/an produits par des installations solaires thermiques et du biogaz. Ce bâtiment produit deux fois ses besoins en énergie.

Le record d’énergie positive doit être détenu par un bâtiment situé à Altbüron dans le canton de Lucerne. L’installation photovoltaïque s’étend sur la totalité et la toiture et couvre dix fois l’ensemble des besoins en énergie du bâtiment polyvalent qui comporte deux appartements, des salles communes et des halles chauffées. Le surplus d’électricité est utilisé pour produire de l’hydrogène qui remplace les carburants fossiles pour les machines de chantier.