La Suisse romande ne manque pas d’initiatives en matière de promotion des énergies renouvelables. L’une d’entre elles mérite tout particulièrement que l’on s’y attarde. Une centrale solaire, véritable vitrine moderne de l’essor des technologies douces, est en cours d’installation sur les toits de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL). L’initiative est à vocations multiples: créer de l’énergie propre, grâce à une centrale photovoltaïque utilisant les technologies actuelles les plus à la pointe, mais aussi mettre à disposition des chercheurs un laboratoire expérimental de haute volée, rendant possible l’innovation technologique. Depuis peu, elle s’adresse également au grand public en proposant un audacieux système de location de panneaux solaires.

Genèse du projet

Revenons-en aux faits. Début 2009, un partenariat entre l’EPFL et la société d’électricité Romande Energie est signé. Il s’agissait d’installer des panneaux photovoltaïques sur les toits de l’école, sur une surface qui, dès 2012, atteindra 15 000m2 et produira plus de 2 millions de kilowattheures (kWh) par an. 

La construction du projet se décline en trois phases de manière à  «bénéficier de l’évolution potentielle du photovoltaïque tant en termes de technologie que de coûts». «Des coûts qui ont d’ailleurs particulièrement chuté entre la première et la seconde étape» explique Georges Locher, responsable du service gestion du patrimoine de production chez Romande Energie.  

Chaque phase voit environ 5000m2 de surface de toiture se garnir de panneaux photovoltaïques pour une capacité de production d’environ 650 kW.

A l’heure actuelle, la deuxième tranche est en phase d’achèvement. Bouclée à l’automne 2010, la première étape s’avère être un succès dont se réjouit Georges Locher:  «Les résultats sont excellents, tout à fait conformes à nos attentes. Par ailleurs, grâce à une année particulièrement ensoleillée, nous avons pu produire 25 % d’énergie en plus, en 2011».

Dès 2012, un dixième de la surface du parc sera dédié au travail scientifique des nombreux laboratoires de l’EPFL actifs dans les nouvelles énergies (intégration architecturale des capteurs, technologies de cellules solaires à colorants, à couche mince ou nano composites). 

Si Romande Energie gère et finance l’intégralité du projet, à hauteur de près de 15 millions de francs, l’EPFL, quant à elle, met ses infrastructures à disposition, se charge de la direction des programmes de recherche et s’engage à consommer 30 % de l’électricité produite par la centrale.

Du photovoltaïque en location

Fidèle à ses valeurs de responsabilité et d’innovation, Romande Energie double son projet d’une initiative novatrice en invitant tout un chacun à soutenir son engagement.

 «L’initiative est partie d’un constat: l’énergie solaire trouve difficilement preneur, car son coût de production est encore relativement élevé. Or il existe de fortes attentes sur le marché» explique Thomas Lier, Product manager chez Romande Energie.  «Nous souhaitions donc répondre au besoin concret de nos clients de s’associer à nous pour promouvoir l’énergie photovoltaïque» poursuit-il.

Baptisé «moncarrésolaire» (www.moncarresolaire.ch), le programme s’adresse à toute personne ou entité désirant contribuer concrètement à la promotion de l’énergie solaire sans frais d’investissement ni contraintes techniques et administratives. Il permet, en effet, de devenir coproducteur de courant solaire en louant une ou plusieurs des parcelles photovoltaïques situées sur les toits de l’EPFL. 

Le programme permet donc à tout un chacun d’accomplir un geste citoyen concret et de devenir, en quelque sorte, sponsor de la recherche en matière de développement durable.

Et, cerise sur le gâteau, profitant de la baisse des coûts des technologies photovoltaïques, le prix de la location a diminué cet automne en passant de 6.50 CHF à 4.80 CHF par mois et par mètre carré.

Un engagement -environnemental confirmé

Ce projet de parc solaire s’inscrit dans la volonté de Romande Energie d’accroître sa production d’électricité issue des nouvelles énergies renouvelables, pour atteindre de l’ordre de 300 millions de kWh à l’horizon 2020-2025. Les actions en faveur du développement de ces nouvelles technologies chez ce fournisseur romand d’électricité ne se limitent d’ailleurs pas à l’énergie solaire: elles représentent un portefeuille d’investissement de près de 600 millions de francs et se déclinent sur cinq axes: biomasse, éolien, hydraulique, solaire et géothermie.