L’objectif principal de la politique énergétique suisse est l’utilisation durable de l’énergie. Ses deux principaux piliers sont une utilisation rationnelle et un recours accru aux énergies renouvelables. Inscrite dans la Constitution depuis 1990, cette politique est composée de plusieurs mesures concrètes et de différents objectifs chiffrés qui ont été fixés pour 2012, 2020 et 2050. «Aujourd’hui, le gaz naturel représente 13 % de la consommation finale d’énergie dans notre pays, il est en pleine progression et son rôle est essentiel afin de remplacer le nucléaire efficacement et écologiquement», explique René Bautz, directeur général de Gaznat, entreprise qui s’occupe de l’importation, du transport puis de l’approvisionnement en gaz naturel des services industriels et d’autres distributeurs de Suisse occidentale. En effet, comparé à d’autres sources majeures d’énergie non renouvelable, le gaz naturel a un impact environnemental moindre. En se substituant à d’autres combustibles fossiles, il permet de réduire la charge polluante sur l’air et le climat. Il émet un quart de CO2 en moins que le mazout. 

L’importation en clé de voûte

Pour l’instant, il n’existe pas de gisement gazier en Suisse, mais un forage d’exploration est en cours dans la commune vaudoise de Noville. Par conséquent, l’approvisionnement en gaz naturel de la Suisse est assuré presque exclusivement par des importations, pour la plupart garanties par des contrats de livraison à long terme conclus avec des partenaires européens fiables. Du début des années septante à aujourd’hui, le réseau helvétique a été considérablement étoffé en raison de la hausse de la demande de gaz. Ainsi, notre pays est également devenu un corridor de transit important au cœur du marché intérieur européen de gaz naturel, ce qui améliore sensiblement sa position et sa sécurité d’approvisionnement. Pour rappel, le gaz naturel peut aussi être obtenu par fermentation de matières organiques animales ou végétales. Il s’agit alors de biogaz et celui-ci est produit à différents endroits du pays. Ce dernier présente l’avantage d’être totalement neutre en CO2 puisque la dégradation naturelle des déchets en aurait libéré la même quantité dans l’atmosphère. 

De multiples possibilités ­d’évolution

Le marché automobile s’ouvre, lui aussi, de plus en plus à ce nouveau carburant respectueux de la nature et du porte-monnaie. Tout semble donc indiquer que cette croissance va continuer et l’objectif, au niveau national, est d’alimenter cette consommation avec au moins 10 % de biogaz. Concernant les centrales à gaz, des innovations technologiques permettront dans un futur proche de gagner en efficacité en couplant la production d’électricité avec la création de chaleur. Monsieur Bautz ajoute que le gaz naturel est parfait à utiliser en complément d’énergies renouvelables: «Les centrales à gaz sont très réactives et permettent de combler les baisses de régime passagères de la production solaire ou éolienne.» De plus, il serait possible d’utiliser le gaz naturel comme moyen de stockage de surplus électrique d’origine renouvelable par procédé d’électrolyse et production de gaz de synthèse. Maintenant, un important travail de promotion doit encore être effectué afin que chacun prenne conscience des multiples avantages personnels et collectifs que comporte cette source d’énergie.