Puisqu’il est l’un des postes principaux de dépenses des ménages et surtout de dégagement de C02, le chauffage est un défi technologique incontournable de ces dix prochaines années. Il est donc source de nombreuses innovations intéressantes dont certaines viennent de notre pays. La société suisse Neurobat, en collaboration avec Csem SA, a par exemple, développé une technologie s’appuyant sur différentes sources d’informations traitées par algorithmes afin d’anticiper les actions du chauffage. «La majorité des bâtiments sont équipés de régulateurs de chauffage fonctionnant sur le concept d’une courbe de chauffe.

S‘ils arborent aujourd’hui des écrans LCD dernier cri, leur fonctionnement de base n‘a guère changé depuis plusieurs décennies. Il est difficile de les programmer et de les activer pour qu‘ils gèrent fidèlement le chauffage conformément à vos instructions.», explique Sohail Malik, le fondateur et actuel directeur de Neurobat, une entreprise à la pointe des écotechnologies pour les bâtiments et particulièrement le chauffage. Son système permet de prendre en compte les paramètres météorologiques, l’utilisation des salles et les sources de chaleur fortuites comme, par exemple, les ordinateurs de bureau dans une petite salle.

En fait, à l’inverse de la plupart des régulateurs thermiques disponibles dans le commerce, qui ne déterminent la température de départ que sur la base de la température extérieure, Neurobat anticipe les conditions climatiques locales, relève la température effective à l’intérieur des pièces et prend en compte l’utilisation de celles-ci. En outre, le système garde en mémoire toutes ces données afin d’auto-apprendre le bon comportement. Résultat: après environ deux semaines de fonctionnement, il devient possible de prévoir la température intérieure des prochaines 24 heures avec une erreur inférieure à 0,1 degré.

«Ainsi, les propriétaires de maison peuvent économiser entre 20 et 30 % d’énergie de plus qu’avec les régulateurs les plus modernes du marché. Sans compter que le bien-être augmente aussi et qu’il s’agit donc d’une économie qui n’oblige pas les habitants à se priver de confort.», ajoute Sohail Malik.

Une aide puissante mais facile à installer

L’un des avantages non négligeable de ces petits régulateurs intelligents est la possibilité de les ajouter en complément à l’installation actuellement utilisée dans le bâtiment. C’est toujours le système originel qui pilote les vannes et pompes, mais il est guidé par le petit ordinateur ajouté. De cette manière, la rentabilisation de la modification se fait dès les deux ou cinq premières années grâce aux économies énergétiques réalisées. L’impact sur l’environnement lui, par contre, est immédiatement positif.

A un tel point d’ailleurs que ce type de système pourrait bien faire partie des solutions nécessaires à mettre en place afin d’atteindre les objectif du programme Energie 2050 du Conseil fédéral. Une contribution à la réduction de l’impact écologique que Sohail Malik a fait calculer: «Même une diffusion modeste de la technologie Neurobat permettrait, en association avec des économies d’énergie conventionnelles, d’atteindre une réduction des émissions de CO2 provenant de l’immobilier de près de 6 % à l’échelle nationale.

Un chiffre non négligeable si l’on considère que des gouvernements ont pris des engagements financiers pour la réduction des émissions de CO2.» De manière générale, les composants intelligents et autonomes vont devenir un intermédiaire inévitable pour toutes les dépenses énergétiques.

Le consommateur se verra ainsi soulagé du pilotage de ses appareils. Si le marché de l’automobile propose déjà de nombreux assistants technologiques pour la consommation du carburant, il en sera donc rapidement de même pour l’électricité ou le chauffage.