Si les années 1960 connaissent un certain regain d’intérêt auprès du grand public – notamment via la très esthétique série télévisée américaine Mad Men –, c’est peut-être parce que cette décennie fleurait tant l’insouciance. En témoigne cette scène où le héros de la sitcom, après un pique-nique familial bien arrosé, ne s’embarrasse guère à ramasser les cadavres de bouteilles de bière, les mégots de cigarettes et autres emballages alimentaires, jonchés dans les herbes. Il faut dire qu’à l’apogée du consumérisme, les ressources, tout comme la nature, semblaient inépuisables aux yeux de la middle class des riches pays industrialisés. 

Gare au greenwashing

En 2013, l’image d’Epinal d’un progrès économique sans limite et sans conséquences se trouve passablement écorné. Du consumérisme à la consommation, l’ère est à la «consom’action». Un néologisme qui ne cesse de gagner du terrain depuis l’avènement d’internet, au point de se retrouver parfois galvaudé par le marketing, qui flaire le bon filon du greenwashing. Pourtant, la consommation responsable n’est pas un concept creux. Au contraire: chacun de nous est à même de l’appliquer dans la vie courante. Ses piliers: une production respectueuse des conditions de travail et de l’environnement, une alimentation privilégiant l’agriculture de proximité, ainsi qu’un souci de préserver la planète comme sa santé. 

Et surtout, la conviction qu’acheter est aussi un acte citoyen, reflétant des choix éthiques pouvant influencer la société. A la Fédération romande des consommateurs (FRC), on n’a pas attendu le web 2.0 pour parler, et agir, dans le sens de la consommation responsable. L’association, qui défend activement les droits des consommateurs – aussi bien au niveau individuel via sa permanence juridique et ses antennes régionales qu’à l’échelon politique suisse et européen – n’a eu de cesse, en plus de cinquante ans d’existence, de développer ses recettes «durables». 

Essor du bio et du terroir

Ainsi, depuis plusieurs mois, la FRC sensibilise le public sur différentes facettes d’une absurdité: le gaspillage alimentaire. Soit près de 300 kilos par an et par habitant jetés dans les poubelles des pays du G20! Un non-sens économique, écologique, voire humanitaire, que les ménages suisses peuvent fortement contribuer à réduire, notamment en planifiant mieux leurs courses. Autre initiative, la lutte contre l’obsolescence programmée, qu’elle soit technologique ou psychologique, de produits électroniques qui finissent trop vite à la déchetterie. Outre la pression sur les fabricants, des alternatives commencent à émerger çà et là, comme une liste d’adresses romandes de commerces réparant les appareils sur le site frc.ch. 

Et pour réduire sa consommation en électricité, on trouve dans cette édition des conseils et des astuces pour mieux régler machines à café, ordinateurs, modems, TV box… De petits gestes et des exemples, parmi tant d’autres, d’actions pour les «consom-acteurs» ne nécessitant pas un effort incommensurable. Car, rappelons-le, la consommation responsable n’est pas synonyme de privation ascétique. Pour preuve, l’essor des produits du terroir et des denrées bio dans nos contrées, réponses savoureuses et saines à la mondialisation et au déficit de traçabilité et d’informations.