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Au fond d’un garage ou dans un vieux grenier, il y a ce tableau donné par grand-maman, recouvert de poussière et de toiles d’araignées. Il vaut peut-être de l’or et vous bien sûr vous ne le savez pas. Un commissaire-priseur est donc l’homme qu’il vous faut, chasseur de trésor, enquêteur, incollable sur l’art et l’histoire des objets, il fera peut-être d’un vieux bibelot une aubaine pour votre compte en banque. C’est le pari d’Emmanuel Layan commissaire-priseur et fondateur du site toutestimer.com, auteur également de deux livres sur le sujet : “Savoir Chiner” et “Savoir Chiner les objets du XXème siècle”.

Les objets ont de la valeur en raison des tendances du marché de l’art. On pourrait se dire alors qu’on pourrait leur donner un prix mais en réalité notre travail et de les estimer, car il est très difficile de fixer un prix précis à une création artistique.

Cela peut être un tableau ou une sculpture ou encore des objets plus communs de designers très demandés et très recherchés par leurs qualités esthétiques ou leur histoire. Voilà pourquoi leurs valeurs évoluent sans cesse. Il y a aussi des amateurs qui se battent souvent pour un certain nombre d’objets; les ventes aux enchères règlent ce problème.

Un commissaire-priseur est un spécialiste du marché, il sait ce qui peut bien se vendre notamment dans le domaine de l’art. Il est doté de solides connaissances historiques qui lui permettent de détecter les objets de valeur, ceux qui rapporteront à coup sûr de l’argent à leurs propriétaires. Il y a aussi une dimension «chercheur de trésor» très excitante dans ce métier.
 

Quel est le profil de vos clients?

Il y a beaucoup de profils différents, mais ce sont exclusivement des particuliers. Bien souvent, ils ont hérité d’un grand nombre d’objets dont ils souhaitent se séparer. Récemment, une cliente m’a contacté pour estimer un tableau hérité de son père.

La toile était l’œuvre d’un peintre bordelais des années 30; elle savait que ce tableau avait peut-être de la valeur. Très simplement, elle m’a envoyé des photos via mon site internet, ce qui m’a permis très vite d’analyser cette toile et de lui répondre dans les plus brefs délais.

J’ai pu lui expliquer qui était l’artiste, son histoire, lui expliquer la représentation peinte sur le tableau, les conditions de sa réalisation et surtout lui confirmer sa grande valeur! Cette dame voulait s’en séparer, elle avait peur que ce tableau se dégrade, qu’elle se fasse cambrioler et elle ne voulait pas se compliquer la vie avec des assurances assez élevées pour ce type d’objet.

Bien lui en a pris car cette toile s’est vendue 12 000 francs aux enchères! Ce fut une très bonne surprise pour elle, elle était très loin d’imaginer récolter une telle somme.
 

Tout le monde peut donc faire appel à vos services?

C’est le but de mon site internet : s’offrir les services d’un commissaire-priseur en ligne et à un prix accessible. Le site reste payant car cela nécessite du travail et du temps pour répondre au mieux aux demandes.

C’est en réalité un site de diagnostic et d’estimation en ligne, pour connaître l’histoire des objets dont on souhaite se séparer et surtout en connaître leur potentiel à la revente. Nous sommes aussi des acteurs du marché de l’art et des enquêteurs.

En revanche, si une personne m’envoie une estimation qu’elle aura payée sur le site environ une dizaine de francs, et que cet objet ne vaut rien, alors nous lui remboursons intégralement les frais. Il n’y a donc aucun risque pour nos clients, ils peuvent faire appel à nous sans contraintes.
 

Comment convaincre les personnes, tentées de se faire un peu d’argent avec leurs objets, de faire appel à un commissaire-priseur?

Très souvent sur les plates-formes de revente en ligne, l’objet est régulièrement sous-évalué, les amateurs s’en donnent à cœur joie et réalisent de superbes opérations grâce à la méconnaissance des vendeurs qui souhaitent juste se séparer de leurs biens ou vider leurs greniers ou leurs caves.

Combien de sculptures ou de tableaux se sont vendus quelques centaines d’euros sur la toile ou dans les brocantes alors que ces objets pourraient en rapporter le triple voire beaucoup plus! Il faut savoir que le commissaire-priseur veut vendre le plus cher possible tout comme le propriétaire de l’objet, c’est une situation gagnant-gagnant car la rémunération de l’expert est liée au pourcentage du prix de vente, il va donc faire au mieux pour son client.

Notre métier est aussi un métier de terrain: on met les mains dans le cambouis, on chine, on visite, on se déplace pour brasser et repérer un maximum d’objets. C’est un savoir et une expérience extrêmement utiles pour nous permettre d’affiner toujours un peu plus notre estimation. Tenez, à Paris la semaine dernière, j’ai réalisé un inventaire chez un couple de personnes âgées.

Dans le lot de leurs objets il y avait un tas destiné aux ordures, un autre à la vente. Tout de suite mon œil a été attiré par une lampe des années 50 un peu sale, vouée à être jetée à la benne à ordures. Je me suis vite rendu compte que c’était un objet d’un designer français très réputé: Joseph-André Motte.

Les propriétaires s’en fichaient alors qu’à la revente elle peut atteindre plus de 4000 francs! En revanche, dans le tas d’objets qu’ils pensaient revendre à bon prix il y avait une pendule Napoléon III, héritée d’une grand-mère, qui ne valait au maximum que 60 francs... La preuve que notre métier ne s’improvise pas et nécessite de véritables connaissances que nous mettons au service de nos clients et à terme de leurs portefeuilles.