Voici une dizaine d’années maintenant que les premiers grands scandales d’obsolescence programmée sont sortis. Des appareils, souvent en partie informatisés, conçus pour ne durer que peu de temps et pousser le consommateur à en acquérir une nouvelle version.

De quoi proposer l’illusion d’un prix bas alors qu’un véritable calcul sur la durée pousserait tout consommateur censé à s’en détourner. Selon une étude réalisée il y a quelques années par l’association Les Amis de la Terre, la durée de vie actuelle des appareils électroménagers serait aujourd’hui en moyenne de 6 à 9 ans, contre 10 à 12 ans il y a une dizaine d’années, alors que, paradoxalement, les technologies n’ont de cesse de progresser.

L’histoire commence en Suisse

Tout commence à Genève en 1924 où Pheobus SA, cartel des fabricants d’ampoules à incandescence voit le jour. Cet oligopole était notamment composé de grandes marques telles que Philips, Osram et General Electric et son objectif public était de contrôler la fabrication et la vente des lampes à incandescence.

Mais on découvrit plus tard le but réel de ce cartel, qui était avant tout de limiter la durée de vie des ampoules à 1000 heures afin d’en vendre plus souvent. Les sociétés membres produisant des lampes affichant une durée de vie supérieure devaient s’acquitter d’une amende auprès du cartel. L’organisation allait même jusqu’à prétendre publiquement qu’une durée de vie plus longue ne pourrait être obtenue qu’au détriment de l’efficacité.

Bons et mauvais exemples  

Heureusement, de nombreuses marques échappent à cette logique en proposant des produits de qualité, garantis sur de longues durées mais évidemment à prix plus élevés lors de l’achat. En 1947, la marque suisse «Le Rêve» vendait ses cuisinières électriques au prix de 400 francs, soit l’équivalent d’un salaire mensuel moyen.

C’était cher, mais à l’époque, l’achat d’un appareil électroménager s’apparentait à un investissement à long terme. On trouve encore des cuisinières de la fin des années 40 en parfait état de fonctionnement.

Aujourd’hui, certains fabricants proposent des modèles équivalents pour le même prix. En francs courants, la valeur de ces objets a donc été divisée par dix. Par contre, on estime que l’espérance de vie moyenne d’une cuisinière électrique achetée en 1998 n’atteint pas dix ans.

Qualité suisse

Dans notre pays, pour garantir une qualité optimale, chaque produit doit passer avec succès des centaines de tests. De plus, la qualité dite «Swiss made» ne s’arrête pas aux matériaux de haute qualité, ni à un savoir-faire artisanal de précision.

Elle englobe aussi l’utilisation aisée des appareils, un design extrêmement fonctionnel, un engagement en faveur d’appareils économes en énergie et un service irréprochable durant toute la durée de vie de l’appareil. Faire le choix d’un appareil helvétique, c’est s’engager pour la vie: certaines garanties sur les pièces de rechange peuvent atteindre près de vingt ans. De quoi prôner réellement la réparation plus que le remplacement.

Une question de confiance

Il existe divers moyens de provoquer la mort prématurée d’un appareil, certains sont presque systématiquement utilisés par des fabricants peu scrupuleux. Les marques utilisent par exemple certains composants low cost de moins bonne qualité dont la défaillance causera la panne de la machine.

Une autre stratégie consiste à rendre les produits irréparables ou trop chers à réparer pour que cela en vaille la peine. Par exemple en concevant des pièces spéciales ne pouvant pas être remplacées par des composants classiques, et en ne produisant pas de pièces de rechange.

Ces industriels ou vendeurs ont ainsi tout intérêt à rendre la réparation chère pour que le consommateur rachète un autre appareil. Ils oublient par contre souvent que le consommateur finira par racheter un nouveau produit mais risque de se détourner de leurs offres.