Ces évolutions ainsi que les nouveaux modes de vie de la société actuelle exigent, outre les appartements pour familles classiques, d’autres formes d’habitat. Avec les appartements groupés, ce sont surtout les coopératives qui se sont jusqu’ici engagées sur une nouvelle voie. Les appartements groupés, dans lesquels une partie des pièces est utilisée de façon privée et une partie en commun, ne sont pas une exclusivité des coopératives.

Des bâtiments neufs, à Zurich, ont récemment été construits avec des appartements disposant d’un espace commun faisant office de cuisine, de salle à manger et de séjour, en plus de pièces privées. Des plans flexibles doivent rendre possible une adaptation de la structure de l’espace aux besoins changeant en fonction des différentes périodes de la vie: l’appartement grandit avec ses habitants. 

«Les bâtiments doivent acquérir une plus grande flexibilité à l’usage, s’adapter facilement aux besoins spécifiques des usagers avec des espaces qui se reconfigurent en même temps que les habitants évoluent. On peut presque parler de résilience des immeubles ou des logements.

Sur ce sujet notamment, le développement du BIM soit une maquette numérique du bâtiment va permettre de grandes avancées», explique Jean-Philippe Bacher, membre du comité opérationnel du smart living lab, le centre de recherche et développement dédié à l’habitat du futur qui rassemble diverses hautes écoles.

Plus de durabilité

Au-delà de la logique de la «maison passive», qui cherche juste à équilibrer son bilan énergétique, les bâtiments deviennent eux-mêmes producteurs d’énergie. De quoi montrer la voie de ce que l’intellectuel américain Jeremy Rifkin a baptisé la troisième révolution industrielle: un monde où la production renouvelable de l’énergie sera décentralisée, puis échangée via un réseau en architecture distribuée, comme Internet.

Le bâti se dirige ainsi vers les énergies renouvelables afin de produire une énergie propre et de réduire son empreinte carbone. Du secteur industriel ou tertiaire en passant par les bâtiments résidentiels, la production d’énergie verte passe le plus souvent par l’installation de systèmes photovoltaïques.

Deux professeurs de l’Université de Kassel en Allemagne, ont même développé un système solaire innovant qui pourrait révolutionner le secteur de la construction. Le béton photovoltaïque, est basé sur une technologie développée dans les années 90. C’est le principe des cellules de Grätzel, qui fait intervenir des cellules solaires à colorants permettant de reproduire la photosynthèse végétale grâce à des pigments photosensibles artificiels.

Ce nouveau matériau est peu onéreux par rapport aux installations solaires classiques car il ne comporte pas de silicium. D’ailleurs, la législation suisse évolue aussi pour permettre aux bâtiments de produire cette électricité. «Depuis le 1er janvier, le concept de communauté d’autoconsommation permet de redistribuer l’électricité produite sur un bâtiment du quartier aux autres habitations.

Il s’agit maintenant de consommer l’électricité sans devoir la stocker afin d’être très efficient et durable. Pour ce faire, l’habitat intelligent offre des solutions. Des algorithmes travaillent avec les appareils qui consomment de l’énergie pour les activer au meilleur moment en fonction du comportement des utilisateurs», ajoute Jean-Philippe Bacher.

Habitat connecté

Le concept de domotique porte le rêve d’une maison «intelligente» depuis près de 20 ans. Il désigne les systèmes de pilotage des équipements électriques et électroniques du logement, en direct ou par programmation.

Bientôt, il suffira de se rapprocher de chez soi pour que les radiateurs commencent à chauffer l’intérieur, de descendre son allée en voiture pour que la porte du garage s’ouvre, de dire «Je suis là» en entrant pour que les lumières du salon s’allument.

A la clé, un très grand confort avec l’ouverture automatique des stores, le déclenchement des appareils électroménagers (lave-linge, cafetière, etc.) ou la commande à distance de son thermostat.

De même, la sécurité est renforcée avec des systèmes de télésurveillance comprenant alarme anti-intrusion, détecteurs d’incendie ou même de la reconnaissance faciale. Enfin, des économies d’énergie avec des systèmes qui s’adaptent aux utilisateurs qui font des calculs précis en fonction de la production d’électricité en cours.