Pouvez-vous nous présenter votre entreprise CACEIS et son activité? 

Depuis plus de dix ans, CACEIS compte parmi les principaux acteurs mondiaux de l’Asset Servicing. Détenu à 100% par Crédit Agricole S.A., CACEIS propose l’ensemble des prestations postmarché de l’exécution des ordres à la conservation des actifs à une clientèle d’investisseurs institutionnels, de sociétés de gestion, de banques, d’entreprises et de brokers.

Dans un environnement réglementaire en constante évolution, nous proposons à nos clients d’externaliser leurs processus opérationnels et de prendre en charge efficacement leurs produits tout au long de leur cycle de vie de manière digitalisée pour faciliter les opérations et les rendre plus rapides, plus transparentes et plus sécurisées.

Leader européen des services de banque dépositaire et d’administration de fonds, CACEIS est constamment tourné vers l’innovation; nous travaillons en permanence sur l’amélioration et la modernisation de nos produits et de nos solutions.

Notre groupe investit massivement dans son système d’information pour offrir également des solutions sur mesure et toujours mieux adaptées aux besoins de nos clients. 

En quoi CACEIS se démarque selon vous de la concurrence?

La signature de CACEIS est «Solid & Innovative». Notre force est notre capacité à innover et à faire bouger les choses. Nous sommes beaucoup plus qu’un tiers de confiance imposé par le régulateur et perçu comme un coût supplémentaire, nous apportons de la valeur à nos clients. Si on parle de l’apport de la digitalisation, prenons l’exemple d’un service qui fonctionnerait sur la base de fichiers Excel compilant les différentes tâches.

Au bout de 5 ou 6 échanges par mail, au fil des modifications, d’ajouts, etc… nous ne savons plus où nous en sommes. Nous proposons de rendre disponible tout cela sur une plate-forme automatisée et digitale qui simplifie considérablement les traitements.

C’est également vrai en ce qui concerne la digitalisation de documents d’identification client ou de connaissance client. Le fait de passer par des plates-formes digitales, comme utiliser un smartphone pour photographier un document et l’envoyer ou pour compléter un formulaire, simplifie la vie de tout le monde. Nos clients peuvent ainsi sur cette plate-forme constituer ou préconstituer un dossier quand ils le souhaitent ce qui est notablement plus rapide et plus efficace. 

Quel est l’enjeu de la digitalisation dans ce secteur de gestion et de conservation d’actifs?

On a souvent fait l’erreur de différencier le monde du retail, le B to B et nos usages quotidiens d’utilisateurs ou de consommateurs au motif que ces mondes ne pouvaient pas fonctionner de la même façon. Aujourd’hui, nous vivons tous avec nos smartphones, sur nos écrans nous pouvons très rapidement acheter en ligne, valider des opérations, consulter des informations… 

Cette opportunité de digitalisation de certaines tâches nous rend la vie plus facile. Pourquoi ne pas reproduire cette simplicité dans le monde professionnel et dans le monde de l’entreprise? Sur ce sujet de la digitalisation, le secteur du B to B est en retard, un retard que nous devons rattraper. Le recours aux outils digitaux est l’assurance d’accélérer les procédures et de fluidifier les relations. Au final, cela nous facilite la vie et celle de nos clients. C’est avant tout l’objectif de CACEIS.

Sur quels piliers repose votre activité pour maintenir un niveau de performance optimale et garantir les meilleures solutions à vos clients?

Notre compétence repose sur une nouvelle ligne métier «3D» qui rassemble 3 piliers ou axes de travail: Digital, Data et Dissémination. Nous valorisons et capitalisons sur toutes les données que nous gérons pour nos clients. En proposant un plan de digitalisation, nous simplifions les échanges et la relation avec nos clients devient plus performante.

Le volet Data consiste à utiliser les nouvelles technologies de type Big Data par exemple pour exploiter les données en les croisant avec d’autres de manière simplifiée.

Cela permet d’analyser ces données sur de multiples axes, cela sans contrainte de volumes ou de performances. Le dernier axe, la dissémination, consiste à développer une plate-forme pour nos clients afin qu’ils puissent diffuser et échanger des informations réglementaires rapidement et simplement entre eux-mêmes, nous et leurs contreparties. Nous avons créé la plate-forme «TEEPI» dans cet objectif. 

Pouvez-vous nous donner un cas concret d’une entreprise qui a bénéficié de vos services et de cette plate-forme afin de nous expliquer l’apport et l’avantage de la digitalisation de ce type de services?

Je vais prendre un exemple qui va parler à tout le monde. Imaginez que vous ayez 45 amis, ces 45 amis sont censés vous envoyer une liste de leurs chansons préférées, sachant que dans la liste on doit trouver 4 données: le titre de la chanson, les noms de l’auteur, du compositeur et de l’interprète. Vous allez donc devoir passer 45 coups de fils ou envoyer 45 SMS ou mails pour récupérer ces informations.

C’est une perte de temps considérable d’autant que vous vous exposez au risque que les données fournies par vos amis soient incomplètes: soit il manque le nom de l’auteur, soit le nom du compositeur est complété mais pas celui de l’interprète et ainsi de suite... Vous n’aurez donc pas une information homogène et exhaustive, et il vous faudra relancer vos amis pour qu’ils renseignent les données manquantes.

Au final, vous risquez d’obtenir toutes les informations au bout d’un ou deux mois alors que vous devez absolument les obtenir en dix jours! Sur la plate-forme TEEPI vous inscrivez l’adresse mail de vos 45 amis. TEEPI, un peu à la manière d’un LinkedIn, enverra des invitations à tous vos amis afin qu’ils renseignent directement sur la plate-forme la liste de leurs titres préférés.

TEEPI s’assurera également que toutes les données dont vous avez besoin sont renseignées par vos amis. La plate-forme les relancera si nécessaire. C’est aussi simple que ça! 

Travaillez-vous sur d’autres innovations digitales qui là aussi pourraient grandement améliorer les services proposés à vos clients?

La première grande nouveauté est la mise en place des modes de souscription à nos services de manière totalement digitalisées. Jusqu’ici, il n’était pas possible de le faire et il fallait rencontrer les clients pour présenter l’offre puis signer les contrats. D’ici peu, les clients pourront souscrire à nos services directement sur notre site web.

C’est un peu comme lorsqu’il y a quelques années, vous achetiez une voiture et immédiatement vous deviez contacter votre assurance afin de prendre rendez-vous pour étudier les offres et signer un contrat pour rouler en toute sécurité et légalité. Aujourd’hui, directement via internet ou votre smartphone vous pouvez souscrire à des offres, envoyer vos documents préalablement pris en photos et même signer numériquement votre contrat.

En cinq minutes vous êtes prêts à prendre la route. C’est le même principe. Et dans le métier et le secteur de l’Asset Servicing, cette opportunité n’existait quasiment pas. La deuxième nouveauté est une nouvelle technique d’exploitation des données pour produire à nos clients de nouveaux rapports et analyses, qu’on ne pouvait jusqu’ici pas leur offrir.

Notamment sur l’étude du comportement des investisseurs. Nous pourrons fournir à nos clients une information capitale pour leur stratégie: la «fiche d’identité» de leurs investisseurs. D’où viennent-ils? Qui sont-ils? Quel est le montant moyen de leurs achats de titres? Le montant moyen de leurs rachats? Leurs pays d’origine?

C’est capital pour affiner une stratégie commerciale. Cela demande une manipulation extrêmement importante de données et nécessite d’être capable d’analyser quasi instantanément cette énorme masse d’information. 

Philippe Bens, vous êtes Senior Country Officer de CACEIS Suisse. Comment vivez-vous la digitalisation auprès de votre clientèle?

Nous continuons à nous développer en optimisant en permanence notre offre de service. La digitalisation de nos processus est pour nous une priorité afin de servir au mieux nos clients.

Trois ans après avoir obtenu la licence bancaire, CACEIS Suisse affiche un fort développement sur un marché de l’Asset Servicing très concurrentiel et en forte mutation face à une digitalisation croissante.

L’externalisation de tâches diverses est une réalité et est très répandue parmi les institutions financières suisses qui souhaitent se concentrer sur leur cœur de métier. Nous sommes en mesure de proposer une offre globale en commercialisant l’ensemble des prestations du groupe, tant sur la partie administration que sur la partie conservation.

Il est important de faire face aux défis toujours plus complexes auxquels l’univers des fonds d’investissement est confronté aujourd’hui. Pour répondre à des contraintes réglementaires telles que MiFID II, FIDLEG ou FINIG et face à des clients de plus en plus exigeants en termes de prestations de services.