La problématique n’est pas nouvelle mais depuis quelques années, le gaspillage alimentaire suscite une prise de conscience grandissante. Car jeter un tiers de la nourriture produite dans le monde, selon un récent rapport de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), c’est à la fois une absurdité humanitaire, environnementale et économique! Des pouvoirs publics – comme la Commission européenne qui s’est fixé comme objectif de réduire de moitié le gaspillage alimentaire d’ici à 2020 dans les pays de l’UE – en passant par les ONG et les consommateurs, tout le monde y va désormais de sa propre recette. 

Causes du gaspillage 

Même s’il ne faut pas être dupe de l’effet de mode, cette multitude de bonnes volontés est réjouissante. Car les causes du gaspillage alimentaire sont vastes et méritent bien qu’on s’y attelle, et ce tout au long du cycle de vie d’une denrée. Ainsi, pourquoi ne pas remettre en question les diktats esthétiques qui sévissent aussi dans la branche des fruits et légumes?

Une proportion non négligeable n’arrivera jamais dans un supermarché parce que ne répondant pas aux normes très strictes du calibrage édictées par la grande distribution. La faute aux consommateurs trop exigeants, justifie cette dernière. Pas si sûr… En Grande-Bretagne, des essais de vente à prix réduit de végétaux savoureux, mais trop petits, trop tachés ou trop biscornus, ont été menés et ont récolté un franc succès. 

Autre point à améliorer du côté de la distribution: les dates limites de consommation des aliments, souvent mal comprises. Il faut dire que les mentions écrites sur les emballages prêtent à confusion: des indications légales «à consommer jusqu’au…», qui concernent les produits périssables à conserver au frigo, et «à consommer de préférence avant…» (pour les denrées qui s’altèrent peu avec le temps et surtout, qui ne font courir aucun risque sanitaire), sans compter d’autres inscriptions non obligatoires comme «à vendre avant le…», «fabriqué le…», «emballé le…», qui rendent le consommateur encore plus perplexe. Pour y remédier, un groupe d’experts suisses – avec notamment la Fédération romande des consommateurs (FRC) – planche actuellement sur une simplification de la lecture des dates de péremption. 

Des gestes simples au quotidien

Reste que les consommateurs, justement, peuvent eux aussi faire maigrir drastiquement leur poubelle. Dans notre pays, on estime que chaque habitant jette environ 100 kilos d’aliments encore comestibles par an. Un gâchis. Or, en prêtant plus attention au gaspillage alimentaire, un ménage de quatre personnes pourrait économiser annuellement jusqu’à 2000 francs!

Pour ce faire, ce sont les petits gestes du quotidien qui font la différence. Sur le site de la FRC, où cette thématique est l’une des campagnes phares de l’association depuis deux ans, de nombreuses idées ont été recensées, notamment au travers d’un concours national. Parmi elles, des recettes, ou comment concocter de bons plats à base de restes, ou des fiches pratiques pour mieux conserver ses aliments ou planifier plus efficacement ses achats. 

Enfin, un conseil de bon sens: se fier, justement, à ses sens avant de se débarrasser d’aliments tels que yoghourts, fromages ou desserts dont la date de consommation est certes dépassée mais qui, d’un point de vue microbiologique, ne pose aucun problème pour la santé.