Quelle est votre mission?

MF: La mission de la Fondation Max Havelaar est de rapprocher les producteurs et les consommateurs, mais aussi de promouvoir des conditions commerciales plus équitables et de soutenir les producteurs dans leur lutte contre la pauvreté.

Il s’agit de les aider à renforcer leur position afin qu’ils puissent prendre leur destin en main.

SP: MSC s’engage pour la préservation des espèces et de l’habitat marins grâce à un label exigeant qui permet aux consommateurs de faire le choix de la pêche durable.

Avec la certification et le label MSC, l’organisation à but non lucratif agit pour un juste équilibre entre exploitation économique des produits de la mer et préservation des ressources et de l’environnement.

Qui sont les bénéficiaires de la consommation responsable?

MF: Nous sommes tous bénéficiaires d’une consommation plus responsable. D’un côté de la chaîne, les petits producteurs qui bénéficient de conditions plus équitables et de l’autre, les consommateurs qui en soutenant les petits producteurs, bénéficient de produits de qualité, cultivés dans des conditions respectant les agriculteurs.

Nous sommes tous bénéficiaires d’une consommation plus responsable

SP: Ce sont tout d’abord les consommateurs de produits de la mer. En choisissant le label MSC, ils ont la garantie que le poisson a été pêché dans le respect des ressources marines.

Ce sont également toutes les entreprises de la filière qui, en proposant des produits de la mer certifiés MSC, peuvent s’assurer de leur provenance, leur traçabilité et sécuriser leurs approvisionnements, tout en répondant à la demande des consommateurs.

Enfin, cela bénéficie aux pêcheurs qui vont s’assurer de leurs bonnes pratiques de pêche ou les améliorer. Mais in fine, ce sont les océans dont la biodiversité et la productivité sont préservées qui en bénéficient. C’est tout le principe du cercle vertueux du label MSC!

Comment convaincre les consommateurs d’opter pour les produits responsables?

MF: Les consommateurs font de plus en plus attention à la provenance de ce qu’ils consomment. Je pense que nous nous orientons de plus en plus vers une société qui consommerait moins mais surtout mieux.

Attacher de l’importance à la provenance des produits que l’on met sur la table, c’est soutenir les producteurs d’ici mais aussi de là-bas. Plus de 2,5 milliards de personnes dans le monde dépendent de l’agriculture. Il est donc fondamental que les consommateurs soient de plus en plus attentifs à ce qu’ils achètent.

SP: Il faut à la fois les sensibiliser aux enjeux de la préservation des océans, les aider à comprendre le rôle du MSC et leur montrer l’impact environnemental positif lié à l’achat de produits de la mer labellisés.

En leur donnant, grâce au label, un moyen simple et visuel d’agir, les consommateurs ont l’assurance que leur poisson provient de pêcheries qui ont prouvé, après une évaluation scientifique, indépendante et approfondie, que leurs pratiques de pêche sont durables.

A-t-on facilement accès aux produits labellisés?

MF: Il y a vingt-cinq ans, la Fondation Max Havelaar a été créée afin de sortir le commerce équitable du marché de niche dans lequel il se trouvait. Aujourd’hui, les produits portant le label Fairtrade sont disponibles dans la majorité des grandes surfaces ainsi que dans la restauration hors domicile.

Il existe désormais plus de 2400 produits portant le label Fairtrade en Suisse. Alors, oui, il est facile de trouver des produits labellisés dans le commerce de détail.

SP: On trouve aujourd’hui plus de 20 000 produits labellisés MSC commercialisés dans plus de 80 pays dans le monde, aux rayons frais, surgelé, conserve ou épicerie. L’offre ne cesse de croître grâce à l’engagement des entreprises et des pêcheries certifiées MSC.

Y a-t-il des freins à la consommation responsable?

MF: Un des freins réside probablement dans le fait que beaucoup de consommateurs ont l’impression que les produits équitables sont forcément plus chers que les produits conventionnels. Or cela n’est pas toujours le cas, le prix des produits n’augmente pas automatiquement après la certification Fairtrade.

SP: Le principal frein serait le désengagement des pêcheries et des entreprises de produits de la mer pour la préservation des ressources marines. Car, sans produits durables identifiables par le consommateur, ce dernier aurait plus de difficultés à faire un choix responsable.

Avez-vous pu constater si les consommateurs suisses sont particulièrement sensibles à ces thématiques?

MF: De manière générale, le consommateur suisse est un consommateur responsable et de plus en plus attentif à ce qu’il consomme. En 2015, la consommation de produits Fairtrade est passée de 57 à 62 francs par an et par habitant.

Ainsi, nous sommes les champions du monde de la consommation de produits Fairtrade. Toutefois, 62 francs sur une année ça n’est pas suffisant. C’est en sensibilisant la population à la consommation équitable et durable ainsi qu’en élargissant l’offre que nous ferons augmenter cette somme.


SP: Cette question tombe à pic car nous venons de communiquer les résultats de notre étude sur la consommation des produits de la mer menée dans 21 pays.

Et c’est en Suisse que le label MSC est le plus connu des consommateurs (par 71% d’entre eux, contre 61% en Allemagne ou 30% en France). C’est donc un excellent signe de la sensibilisation et de l’engagement des consommateurs suisses ; un exemple inspirant pour vos voisins français !